un stage super fun!
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Un « Malade Imaginaire » drôlement contagieux
En ouverture du festival Bruxellons !, « Le Malade Imaginaire » passe comme un sirop pour la toux : c'est sucré et ça fait du bien. On s'y soigne par le rire, comme le reste de la programmation au Karreveld, très comédie. Qui a dit que Bruxelles était mort l'été ?
Les comédiens sont au diapason d’une comédie vitaminée © LTourlouse
Ce Malade Imaginaire, on vous le prescrit d'urgence et sans ordonnance ! Aucune contagion à craindre, à part des accès de rires et une bonne humeur plus bouillonnante qu'un accès de fièvre. Efficace comme un antidépresseur, la mise en scène de Daniel Hanssens vous détend pleinement, l'esprit mais aussi le corps puisque le festival Bruxellons ! inaugure avec cette comédie médicinale des gradins confortables.
Bien calé au fond de son siège, on observe l'hypocondriaque Argan faire le compte de ses purges, saignées, et clystères quotidiens. On connaît par cœur l'intrigue de cet indémodable classique de Molière : Argan, convaincu de souffrir de tous les maux, veut marier sa fille Angélique au fils du médecin Diafoirus, afin de mieux se faire soigner chez lui. Mais Angélique ne l'entend pas de cette oreille, elle qui a craqué pour Cléante. Le salut viendra de Toinette, la servante, qui manœuvre pour exaucer Angélique et surtout piéger Béline, la belle-mère cupide et intéressée.
Daniel Hanssens, qui endosse le souffreteux Argan, a pris le parti d'engraisser la farce sans complexe, jouant sur les caractéristiques « éruptives » de son personnage gavé, pour sa santé, de pruneaux et de bouillons. Ses « vents » annoncent son arrivée, sa production de bile et l'issue de ses diarrhées sont largement, voire cérémonieusement, évoquées.
Outre ces ressorts scatologiques, le jeu des comédiens met lui aussi le paquet. Marie-Hélène Remacle est le pivot irrésistible de ce tourbillon de quiproquos dans le rôle de la servante comploteuse, vibrionnant d'un personnage à l'autre pour dévoiler les hypocrisies et les égoïsmes. Valérie Marchant explose elle aussi dans le rôle de Béline, avec son snobisme outré, ses câlineries perfides à ce mari dont elle espère vite hériter, et sa fourberie enfin mise au jour. Simon Wauters affole à son tour le riromètre en Diafoirus fils, autiste boutonneux et répugnant, promis à Angélique.
Une soirée savoureuse
On ne peut détailler ici la dizaine de comédiens. Disons juste que tous sont au diapason d'une comédie vitaminée, qui n'hésite pas à prendre des libertés avec la langue de Molière. Si la première partie, la plus farce, file à toute allure, la deuxième, après l'entracte, faiblit quelque peu dans son rythme tandis que se déploie la critique de Molière sur la médecine de son temps et les charlatans de tous temps, sur ces prétendus savants qui cachent le vide de leurs connaissances pratiques sous un vernis de latin. Malgré cette petite baisse de régime, la soirée reste très savoureuse : on rit à s'en décrocher l'excès de bile, ce qui n'aurait pas déplu à Argan !